African Union summit hall with delegates and member state flags in Addis Abeba
POLITIQUE24 Avr 2026·
8 min de lecture

L'Union Africaine dévoile un plan continental pour l'autonomie énergétique d'ici 2035

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Amara MbekiVérifié
Correspondant en chef, Addis-Abeba · OkapiMagazine
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Lors du 41e Sommet ordinaire de l'Union Africaine tenu à Addis-Abeba, les chefs d'État et de gouvernement des 55 États membres ont approuvé à l'unanimité le Plan Énergie Afrique 2035, une feuille de route sans précédent visant à garantir l'accès universel à l'électricité sur le continent.

Le document, fruit de trois années de consultations entre les ministères de l'Énergie, la Commission de l'UA et la Banque africaine de développement, prévoit un investissement cumulé de 1 200 milliards de dollars sur dix ans, mobilisés auprès d'investisseurs publics et privés des cinq continents.

Les cinq axes stratégiques du plan

Le plan s'articule autour de cinq piliers complémentaires : l'expansion des énergies renouvelables (solaire, éolien, hydraulique), le déploiement de réseaux intelligents interconnectés, le développement du stockage d'énergie à grande échelle, la formation de 2 millions de techniciens spécialisés, et la création d'un marché continental de l'électricité.

"L'Afrique ne peut pas continuer à être le continent qui produit le plus d'énergie solaire au monde tout en ayant 600 millions d'habitants sans accès à l'électricité."

— Moussa Faki Mahamat, Président de la Commission de l'Union Africaine

Le Président de la Commission a insisté sur la dimension sociale du projet : d'ici 2030, 300 millions de foyers africains doivent avoir accès à une source d'énergie propre et abordable. L'initiative s'appuie sur les succès enregistrés au Maroc, en Éthiopie et en Afrique du Sud, trois pays qui ont multiplié par trois leur capacité de production renouvelable en moins d'une décennie.

Réactions des partenaires internationaux

La communauté internationale a salué l'initiative. L'Union européenne a annoncé une contribution préliminaire de 45 milliards d'euros dans le cadre du partenariat Global Gateway, tandis que la Chine a confirmé l'extension de son programme Belt and Road pour inclure 120 projets énergétiques africains. Les États-Unis, par la voix de leur représentant spécial pour le Climat, ont également manifesté leur intérêt pour des partenariats public-privé dans le secteur solaire.

Des voix critiques se sont néanmoins élevées au sein même du sommet. Plusieurs délégations d'Afrique centrale ont exprimé des réserves quant aux mécanismes de financement, soulignant le risque d'un endettement supplémentaire pour les économies les plus fragiles. Le président congolais a plaidé pour un fonds spécial destiné aux pays à faible revenu.

Un calendrier ambitieux

La mise en œuvre débutera dès juillet 2026 avec le lancement de 50 projets pilotes répartis dans 25 pays. Un mécanisme de suivi trimestriel, supervisé par un comité technique indépendant, garantira la transparence et la reddition de comptes à chaque étape du plan.

#Union Africaine#Énergie#Développement durable#Addis-Abeba#Politique africaine#COP30
AM

Amara Mbeki

Vérifié

Correspondant en chef — Afrique de l'Est & Union Africaine

Journaliste primé avec 14 ans d'expérience dans la couverture des institutions africaines. Ancien correspondant de RFI et de TV5 Monde. Basé à Addis-Abeba depuis 2019.

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84 Commentaires

SN
Sylvie NkomoIl y a 45 min

Enfin une initiative concrète ! J'espère que les mécanismes de financement seront plus transparents que les précédents accords. L'Afrique a le potentiel, il faut juste la volonté politique.

IR
Ibrahim Al-RashidIl y a 1h

Article très complet. Une question reste sans réponse : comment les pays du Sahel, fragilisés par les conflits, seront-ils intégrés dans ce plan ? La sécurité énergétique et la sécurité tout court sont liées.

PK
Priya KrishnamurthyIl y a 2h

En tant qu'ingénieure spécialisée dans les énergies renouvelables, je suis ces développements de très près. Le défi de la formation de 2 millions de techniciens est immense mais réalisable si les universités africaines reçoivent les financements nécessaires.